« Je, tu, île, mes îles Saint-Louis »

Ce livre est une preuve d’amour, un livre en couleur et en noir et blanc, un livre en photos et en mots. Ce livre est un acte de résistance à un monde de moins en poétique et tendre. L’île Saint Louis comme le livre sont des refuges. Par petits bouts, par bribes, par petits textes ou petites nouvelles j’ai croqué avec jubilation l’île Saint Louis. Photos de ses bancs, de ses cicatrices, de ses ombres et de ses amoureux, photos à travers des rétroviseurs, photos de ceux qui l’aiment, de ceux qui y travaillent ou qui y errent, photos de son corps, j’ai regardé et écouté l’île Saint Louis chaque heure, chaque jour, chaque saison. Mon île est une parenthèse lovée en plein cœur de la ville, hors de sa fureur. Mon île ne sert à rien contrairement à sa voisine. Sur mon île, on regarde la peau changeante de la Seine. Â chaque pont on écoute ses différentes voix. Le livre décrit l’état d’homme insulaire. Lorsqu’il est sur l’île, l’insulaire n’est plus au cœur de sa vie. Elle devient l’essentiel. L’île Saint-Louis s’impose en douceur, elle conduit à l’abandon de soi et je m’y suis abandonné.

J’ai une relation affective avec ma boîte aux lettres. J’ai suivi pas à pas l’histoire naissante puis tragique de Boris et Svetlana. J’ai observé des rendez-vous secrets dans le pilier d’un pont et le ballet incessant des faux promeneurs square le Barye. J’ai pu me perdre dans l’hôtel de Lauzun et j’ai vu au jour finissant les façades roses du quai de Béthune. Ces histoires sont dans le livre. Je ne me suis pas perdu île Saint-Louis. Je m’y suis retrouvé. Perdez vous dans le livre. Ce n’est pas dangereux.