Rétrovision

Exposition qui a eu lieu à la maison Européenne de la Photographie à la fin de l’année 2004 . Pendant des années, à la radio, j’ai tendu au début de mes émissions un miroir à mes invités. Ceux-ci devaient se décrire, se mentir, se trahir, s’exagérer, se flatter. Ils devaient jouer avec leur je.  Rétroviseurs ovales ou carrés, rectangulaires ou ronds, reflets dans des glaces se sont encore des miroirs que j’ai choisis afin que des hommes se racontent et que je raconte leur histoire.  Cocteau a évoqué la traversée du miroir. Je n’ai  fait que l’emprisonné dans des émissions ou à l’intérieur de photographies afin de repousser le moment où je devrais le traverser. Le miroir comme la photographie prouvent que chaque minute est en danger de mort. Chaque minute assassinera la précédente et sera tuée par la suivante. La photographie est une histoire de meurtre. C’est pour cela qu’elle est si excitante.  Je me suis demandé pourquoi le plaisir de photographier me semble si proche de celui de faire des émissions de radio. Il me semble qu’il  s’agit de la même jouissance, celle de l’instant, celle de l’immédiateté.  L’obligation est la même, provoquer l’émotion ou  la saisir.  Ne rien repousser, rien ne doit arriver trop tard. Une confidence après une émission, c’est trop tard. Un couple qui quitte un banc avant que vous ne l’ayez photographié, c’est trop tard.
 

retro3 retro7 retro5 retro2 retro1 retro6 retro9 retro8 retro4